les ecussons de la BF de Lons le Saunier
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Les trompettes curieuses



Dans cette page on parle de trompettes, de cor, pour simplifier, mais il s'agit le plus souvent d'instruments difficilement baptisables. Ce sont des "tuyaux" dont l'air est mis en vibration par les lèvres du musicien.

Trompettes à partir d'objets détournés.



les Hommes soufflent dans des têtes de chevreuil
Fête chez les Chinchasuyu,
les hommes soufflent dans
des têtes de chevreuil




Ce sont les instruments les plus simples. On prend un objet et sans aucune modification, ou presque, on l'utilise comme instrument de musique. Dans la page présentant les instruments, on montre un Inca soufflant dans une tête de chevreuil au cours d'une fête pendant que les femmes font résonner les tambours.






Musicien guahibos <br>soufflant dans une tête de daim
Musicien guahibos
soufflant dans une tête de daim.


La gravure précédente pourrait laisser croire que ce type d'instrument n'est plus utilisé. Si c'est le cas, cela est assez récent, comme le prouve la photo tirée du livre du marquis Wavrin : Mystère de l'Orénoque.

J'avoue que la reproduction n'est pas très nette, mais le Marquis est formel.






Le courrier du Grand Inca annonce son arrivée au son de la conque
Le courrier du Grand Inca annonce
son arrivée au son de la conque




Un autre objet est détourné dans beaucoup de cultures, il s'agit des coquillages : les conques. En voici un exemple encore chez les Incas. Dans les cultures andines les "caracoles" étaient beaucoup utilisées. De nos jours, on les utilisent encore, parfois, pour signaler la rentrée des bateaux de péche.


On pourrait faire le rapprochement avec la sonnerie du Cavalquet qui annonçait l'arrivée des troupes royales dans une ville.


Ces instruments étaient utilisés par les pécheurs de morue à Terre Neuve, comme "conque de Doris", c'est à dire comme corne de brume.

Comme pour les têtes d'animaux, les conques sont encore utilisées de nos jours : il existe de véritables orchestres dans les îles du Pacifique.

un orchestre de conques dans une ile du Pacifique


Des musiciens les utilisent aussi en Europe. .

On a parlé du didgeridoo dans la page de présentation des instruments. Tube de bois creusé par les termites, orné avec soin par le musicien et doté d'une embouchure, le plus souvent en cire. Mais voici encore plus simple : une trompe dans un tibia, l'objet provient de l'Inde. Ces trompettes archaïques sont des instruments de culte, les ossements symbolisant la mort de l'ego.


Une trompe dans un tibia, origine de l'Inde



Les trompettes en os sont assez fréquentes. Cependant, le plus souvent elles sont richeent ornées. En voici deux exemples, la première faite dans un fémur est ornée de corail et de turquoises, la deuxième a des ornements en argent.
Une trompe dans un tibia, origine de l'Inde



Une trompe dans un tibia, origine de l'Inde



Trompettes ayant une forme curieuse.



les trompes sacrées des Salivas, Orénoque, 1758
Les trompes sacrées des Salivas
Histoire de l'Orénoque
Père Gumilla, 1758




Il doit être difficile de trouver forme plus bizarre que celle de ces trompettes. On en trouve le dessin dans l'ouvrage du père Gumilla, Histoire de l'Orénoque, daté de 1758. La légende précise qu'il s'agit des trompes sacrées des Salivas













trompette romaine : buccin
Une trompette romaine
le buccin:
le buccin, vu dans Astérix le Gaulois
Le Buccin dans la bande dessinée,
Astérix le Gaulois
Sans être aussi bizarres que celle des Salivas, les trompettes romaines ont toujours fait travailler l'imagination. Pour preuve le buccin qu'on retrouve dans de nombreuses histoires et dans la bande dessinée, par exemple Astérix.










Une très longue trompette courbe romaine
Une très longue trompette courbe romaine




On peut signaler qu'à l'époque de la renaissance, en Italie, il y avait dans les défilés de très longues trompettes. En 1513, devant le Doge, à Venise, outre les nombreux étendards somptueux, on peut voir six longues trompettes d'argent, ayant chacune un écusson de pourpre, orné d'or, avec les armoiries personnelles du seigneur doge, surmontées de la couronne. Deux autres trompettes d'argent recourbées, avec le même écusson et les mêmes armoiries et trois fifres complètent le cortège. Les gravures contemporaines nous montrent que chacune des trompettes droites était soutenue par un page, qui marchait à trois pas en avant du musicien. (Auguste Bailly : La Sérénissime République de Venise)



Les trompettes religieuses



Quand on parle de ce type d'instrument, on le voit surtout guerrier, alors qu'il est tout autant religieux. Dans la page instrument, on a déjà signalé l'emploi de trompettes, à l'age du bronze, dans un culte "possible" du taureau, ainsi que pour le Début du Ramadan. Mais il ne faut pas oublier qu'avant la généralisation des cloches, c'était les trompettes qui appelaient les chrétiens à la prière. Dans beaucoup d'autres civilisations, il en va de même. En voici quelques exemples.



Cérémonie religieuse, les piaroas soufflent dans les trompettes d'écorce
Les piaroas soufflent dans les trompettes d'écorce


Nous repartons pour l'Orénoque, De son expédition Orénoque Amazone, Alain Gheerbrant a rapporté cette photo, ainsi légendée : "La voix des grandes trompes d'écorce est celle des esprits protecteurs de la tribu.

Ce qui fait la particularité de ces trompes, c'est qu'elles sont faites avec des écorces. On notera au passage qu'on connaît en Europe des trompettes en bois.









Cérémonie religieuse, trompettes bouddhistes


Dans les cérémonies bouddhistes, ces longues trompettes, qui donnent un son très grave ressemblant un peu, pour nous, à la corne de brume, sont associées au hautbois à anche double, cymbales et tambours. Ces trompettes sont souvent richement décorées comme le prouve la photo ci dessous. (Site Tibet art et culture).

Cérémonie religieuse, trompettes bouddhistes


Les trompettes d'appel :



Ancien cor de postillon
Ancien cor de postillon
Le premier instrument auquel on pense est le cor de poste. Il est utilisé comme symbole par nombre de services postaux dans le monde. Il servait autrefois à signaler l'arrivée de la malle poste. Autrement dit, le postillon l'utilisait comme klaxon.





On peut rattacher à ces trompes, celle qu'utilisait, il n'y a pas si longtemps encore (1925), le veilleur de la collégiale de Dole pour signaler les incendies.

Le veilleur de la collégiale de Dole soufflant dans sa trompe
Le veilleur de la collégiale
de Dole soufflant dans
son énorme trompe.


Les cors ou olifants servaient à la guerre ou à la chasse mais aussi à des fins plus pacifiques. Dans la magnifique et passionnante tapisserie de Bayeux, on voit le cor appeler les convives à table.

Le cor appelle les convives au repas
Scène de la tapisserie de Bayeux



Les romains connaissaient beaucoup de types de trompettes, pourtant on voit ce type d'instrument disparaître de l'iconographie au V°siècle. Dans la pratique elles sont remplacées par les trompes castrales, le plus souvent en terre.
Reproduction de la bande dessinée<br>Pymont, la forteresse oubliée<br>un sonneur de trompe d'appel
Le veilleur du Château de Pymont
Bande dessinée.
trompe d'appel retrouvée dans une fouille
trompe d'appel retrouvée
dans une fouille


Ces longues trompes castrales avaient le même rôle que celui du veilleur de Dole ou du guerrier de Guillaume, ils servaient à signaler les dangers, les incendies ou l'heure du repas.

A la suite de la fouille du château de Pymont, le Centre Jurassien du Patrimoine a publié une bande dessinée, "LA FORTERESSE OUBLIEE". La reproduction de gauche en est extraite.

Les instruments ne sont pas toujours retrouvés dans un bon état de conservation, comme le prouve la photo de droite.

Les cornes d'appel de châteaux sont souvent en terre, mais l'exemple ci-dessous est moins noble, il s'agit d'un cor de berger en terre. Il a été trouvé sur la commune de Thoirette, dans le sud du Jura.

cor de berger en terre, trouvé dans le Jura
Cor de berger en terre,
trouvé dans le Jura à Thoirette,
Musée de Besançon.

La trompette va réapparaître au XIII° siècle, imitée du naffir musulman. Ce sont des trompettes droites de 1m20 à 1m40 environ. L'embouchure est le plus souvent grossière et devait limiter les possibilités de l'instrument. Utilisée seule, elle ne pouvait avoir qu'un rôle de signal. Mais on les utilisaient le plus souvent par deux ou quatre et une mélodie devenait possible. Son utilisation est souvent guerrière, au combat ou lors des tournois
Busines dans Cantigas Santa Maria<br>Escorial, Madrid

Busines dans une miniature du
Cantigas Santa Maria
Escorial, Madrid
Busine à cheval d'après le Dictionnaire de Viollet le Duc
Busine à cheval d'après
le Dictionnaire raisonné du mobilier
de Viollet le Duc