trompette, clairon : instruments de Batterie Fanfare trompette, clairon : instruments de Batterie Fanfare
les écussons de la BF de Lons le Saunier
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Les cuivres :

Une trompette scandinave,luur
Une trompette scandinave
luur
Une collection de Didgeridoo
Collection de :
Didgeridoo.
font parties de la famille des instruments à vent, dont les plus anciens connus sont des flûtes. Une flûte en os percé de trous a été découverte au Pays Basque, elle daterait de 20 000 ans avant J.C. Quand on parle des ancêtres de nos cuivres, on pense aux trompettes romaines. Mais il ne faut pas oublier les trompes irlandaises et danoises de l'âge du bronze.

Peut-être faut-il aller chercher le véritable ancêtre plus avant, le didgeridoo australien pourrait en être le survivant. Simples tuyaux de bois souvent ornés avec beaucoup de soin.


Exemple sonore avec Dingo, vocalises imitant le chien sauvage, le Dingo.


Mais il existe, il faut bien le reconnaître, d'autres prétendants au titre d'ancêtre. On trouve des instruments très rustiques, faits dans des matériaux divers .... si vous êtes curieux, cliquez


Petits cuivres

Le clairon,

Le clairon que nous connaissons n'est pas une évolution des "clérons" du Moyen Age. Dans les années 1820, le ministre de la guerre demanda aux facteurs d'instruments de créer pour l'infanterie un instrument dont le son serait différent de celui de la trompette équipant la cavalerie, ceci pour remplacer le cornet.

Batterie Fanfare : joueur de claironLe premier clairon "à la française" fabriqué l'a été par le facteur Courtois. Cet instrument devint celui de l'infanterie par l'Ordonnance du 22 Mai 1822, signée par le Roi Louis XVIII et son ministre de la guerre De Bellune au château des Tuileries. C'est une véritable création militaire. Mais il est pratiqué aux régiments par beaucoup de musiciens qui, revenus à la vie civile, l'introduisent dans les fanfares des villes et villages. Il est très rapidement pratiqué à travers toute la France. (Ceci aux dépens du cornet et du fifre, d'où l'importance, à l'époque, pour un instrument d'être pratiqué à l'armée, le service militaire était long et les musiciens avaient le temps de se former, cela est vrai aussi pour les tambours).

Après la guerre de 70, on prépare la "Revanche", et le clairon devient un symbole de courage, il faut écouter pour le comprendre la chanson de Déroulède : le Clairon. Les enfants, d'âge scolaire, se préparent à la guerre, des bataillons scolaires sont formés, on les dote de tambours et de clairons. Pour être franc, ces bataillons scolaires n'ont pas connu un grand succès, les parents n'étaient pas très favorables. (pour en savoir plus)

On a vu que le Clairon ne datait que de 1822. Les batteries qui lui sont consacrées sont encore plus récentes. La plupart sont de Melchior, chef de musique de la Garde royale sous Louis-Philippe.

La sonnerie aux morts aurait été jouée pour la première fois le 11 novembre 1932. Elle est officialisée par une mise à jour du Règlement en date du 15 octobre 1953.

La longueur théorique du clairon est de 1m 475.

Pour certains, le clairon passe pour avoir une sonorité désagréable : écoutez cet extrait de : Un soir sur le Montjuich de G. Defrance Disques Corélia



Clairon basse :

Le clairon basse joue un octave en dessous du clairon. On le classe dans les petites basses.:
Batterie Fanfare : joueur de clairon basse


Tessiture du clairon basse
Gamme du clairon basse
Les notes entre parenthèses sont difficiles à obtenir.




Trompette de Cavalerie :

Gravure : trompette Louis XIV
gravure :
trompette Louis XIV
Chez nous la trompette est, par excellence, l'instrument de la cavalerie, le tambour étant celui des troupes à pied.

Avant la Révolution, les instruments étaient le plus souvent en laiton et achetés en Allemagne. Ensuite, ils sont fabriqués en France avec du cuivre. La fabrication était très soignée. Ils coûtaient, avec leur embouchure, 39 francs en 1807.

Les trompettes avaient le plus souvent de fort beaux uniformes et étaient très bien montées. Par exemple, à la Garde Impériale, les chevaux étaient noirs, sauf ceux des trompettes qui étaient gris-blanc avec une selle de cuir blanc.

Trompette à cheval des Grenadiers

Trompette des Chasseurs à cheval

Trompette des Lanciers polonais à rapprocher de l'étude à la sanguine de Géricault

Mais on n'avait pas attendu les fastes de Napoléon, pour preuve, cet uniforme des Gendarmes d'Orléans en 1724

Les sonneries formaient un inventaire de signaux très complet. L'Ordonnance des Trompettes pour toutes les troupes à cheval, en l'an XIII, comprend 28 sonneries.

Une trompette de cavalerie, en mib et ré d'un seul tour était utilisée jusqu'à la fin du XVIII° siècle. Pour les manifestations de prestige, on utilise encore une trompette sur un tour dite "trompette Jeanne d'Arc", qu'on peut "admirer" sur la bannière de la page d'accueil et qui ressemble beaucoup à la trompette des Cents-gardes. Celle que nous connaissons en mib, repliée en deux tours, date du XIX° s. Elle doit son nom à l'emploi qu'en firent les régiments de cavalerie. Sa longueur est de 2,211m. Constituée d'un tube cylindrique de perce relativement étroite, il s'évase progressivement à une extrémité pour former le pavillon. Le tube est scindé par une branche coulissante qui permet de l'accorder, c'est la coulisse d'accord. Instrument transpositeur, la trompette mib est de plus en plus connue par la place qu'elle tient dans les fanfares de cavalerie et les Batteries-Fanfares.

Remarque :
On nomme instrument transpositeur, un instrument qui produit un autre son que celui qui est écrit sur la partition.
Des instrumentistes qui se servent d'instruments de la même famille peuvent garder le même doigté, tout en émettant des sons différents.
Les instruments qui jouent un octave au-dessus ou au-dessous de la notation ne sont pas transpositeurs : on simplifie l'écriture.
Le prinicipe commun : lire do et faire entendre : Pour un instrument en si bémol : lire do, jouer do et entendre si bémol
etc........
Se reporter à la Théorie de la musique de A. Danhauser.


Gravure : trompette des cent-gardes

Trompette des cent gardes


batterie fanfare :coulisse d'accord d'une trompette de cavalerie
Coulisse d'accord
d'une trompette de
cavalerie moderne
Pour voir des reproductions de belles trompettes anciennes, se reporter à : L'encyclopédie illustrée des instruments de musique, Gründ

Cliquez pour voir des gravures
du Carrousel de Louis XIV
le carousel de Louis XIV







Cornet

gravure d'un cornet avec son instrument


Quand on parcourt des textes "époque Napoléon", il est, parfois, question d'un instrument de musique : le cornet. Il s'agit d'un petit cor ayant la même tessiture que la trompette de cavalerie.
Pour plus de précision, voici un texte extrait du manuel militaire de Bardin, publié en 1813. On peut conseiller la lecture de ce Manuel qui est une mine de renseignements, comme tous les ouvrages de Bardin.

Manuel militaire 1813, Bardin : le cornet
Présentation du cornet dans
le Manuel militaire de Bardin.
(1813)

La Trompette basse :

Trompette basse
Trompette Basse
Elle est de la même famille que la trompette de cavalerie, c'est un instrument transpositeur en mib. Sa longueur est de 4,422 m. Constituée d'un tube cylindrique plus long que celui de la trompette de cavalerie, elle a un registre plus grave. Elle produit exactement les même notes, mais un octave plus bas. (La longueur du tube sonore est le double de celui de la trompette de cavalerie)

tessiture de la trompette basse
La portée précise les notes pouvant être produites.
Celles dont le nom est en rouge sont rarement utilisées.
Celles du haut, en particulier, sont très difficiles à obtenir.




Le cor :

Vers une enluminure : Roland à Roncevaux
Pour voir cette enluminure
en grand.
est en cuivre, on le fait cependant descendre des trompes en corne ou en ivoire, instruments très représentés au Moyen Age, Roland sonnant du cor à Roncevaux, jusqu'à la Renaissance.
Voir la page secondaire "trompettes curieuses" avec la tapisserie de Bayeux.

Il faut attendre 1260, le plus ancien traité de vénerie, pour que paraisse en Europe une vraie trompe, chasse ou guerre, qui donnera naissance au cor. C'est seulement en 1757 qu'il sera vraiment introduit dans l'orchestre avec Haendel et Bach.

Le cor mi-bémol, venu d'Allemagne à la moitié du XVIII° siècle, prit la place, à l'orchestre, du cor en ré qui se limitera à la vénerie, à quelques exceptions comme l'Ouverture d'Obéron.

Signalons, à titre de curiosité, qu'il a existé des cors en laiton ne donnant qu'une seule note. Les uns étaient si petits qu'ils tenaient dans le creux de la main, d'autres si grands qu'ils nécessitaient un support. Chaque musicien jouait sa note et attendait son tour ! (Il devait s'ennuyer ferme !!!). C'était une mode en Russie, entretenir un orchestre de cors était signe de distinction. L'orchestre de cors qui faisait danser les invités du prince Potemkine se composait de trois cents musiciens.

Comment mettre la main dans le pavillon du cor
comment mettre la main
dans le pavillon


Vers 1760, le corniste allemand Haempel, a découvert un moyen de produire des sons bouchés sur le cor, en bouchant avec la main le pavillon de l'instrument. A demi-bouché, cela baissait le son d'un demi-ton. En alternant les sons naturels et bouchés, on peut obtenir presque tous les intervalles chromatiques du cor.



Les Basses

Basses d'une Batterie Fanfare en train de défiler.
Basses d'une Batterie Fanfare défilant.
Les premiers pistons cités étaient carrés. Leur inventeur l'allemand Stölzel, déposa un brevet en 1818 avec Blümel. Stölzel passe pour être aussi l'inventeur du piston tubulaire. La trompette fut vite équipée de pistons, mais fut supplantée jusqu'à la fin du siècle par le cornet à pistons.

Le tuba fut inventé par la maison Moritz en 1835 en Allemagne. L'idée a été reprise par Sax. Antoine Sax, né à Dinant en 1814, a inventé le saxophone en 1845. Mais il a aussi inventé ou amélioré et regroupé en famille une série d'instruments baptisés Saxhorn, du nom de l'inventeur et de "horn", cor. Ils dérivent des clairons et des bugles. Instruments en cuivre, à perce conique, à embouchure et pistons, ils ont un timbre doux et une articulation précise. Il existe sept sortes de Saxhorn, surtout utilisés en musique militaire.

Une réforme des musiques militaires, nécessaire pour en améliorer la qualité, c'est le projet de Sax qui fut retenu en 1845. Il y introduisait ses nouveaux instruments, ce qui explique, comme pour le clairon, leur diffusion rapide surtout dans les formations militaires. Le service militaire était très long, les musiciens avaient le temps de se former. Revenus à la vie civile ils introduisaient leurs instruments dans les formations des villes et villages.
N.B. : Pour bien comprendre la nécéssité d'une réforme des musiques militaires et les difficultés rencontrées par Sax, il faut lire l'ouvrage de Georges KASTNER, publié en 1848 : Manuel Général de Musique militaire

La famille des basses de la Batterie Fanfare
La famille des basses de la Batterie Fanfare


Un autre chef de musique a fait beaucoup pour les basses c'est : l'américain Sousa. John Philip Sousa était un musicien militaire américain. En 1892, il démissionne et forme un orchestre militaire. Il connaît très vite un grand succès. Dans les marches qu'il compose, il emploie non seulement une musique syncopée, mais il confie à la basse des parties très importantes. De plus, il fit jouer ces parties par la contrebasse à vent des groupes de Dixieland jazz band, qui, dans les années 1900, traversaient les rues de la nouvelle Orléans, berceau du Jazz Les américains baptisèrent cet instrument Sousaphone. Le sousaphone se répandit en Europe après les tournées triomphales que Sousa y fit. L'instrument fut rebaptisé Soubassophone ou, parfois, Hélicon à cause de sa forme. En Batterie Fanfare, les parties confiées aux basses sont souvent très importantes. Les compositeurs modernes apprécient beaucoup le pouvoir expressif de ces instruments. Ils ont, non seulement, des magnifiques solos à exécuter, mais ils participent aussi à part entière à la mélodie. Le temps est passé où les basses se cantonnaient dans un rôle secondaire d'accompagnement, ce qui leurs arrive encore pour aider les autres instruments.


Le Fifre

Le fifre de Manet
Le fifre de Manet


Ancien joueur de fifre, gravure ancienne
Ancien joueur de fifre,
gravure ancienne
Ce n'est pas un cuivre, mais sa place logique est ici.

Petite flûte traversière à six trous, de perce cylindrique étroite, sans clés, d'une tessiture aiguë de 2 octaves.

Le fifre aurait été introduit en France par les Suisses au service de Louis XI. Vers 1520, on voit apparaître en France les premiers musiciens d'infanterie, fifres et tambours. Ceci dans les bandes de Picardie et de Champagne au nord, tandis que les bandes de Piémont et Guyenne défendent le sud. Ce sont les quatre premiers régiments d'infanterie française que François I va créer. On y retrouve fifres et tambours qui vont demeurer fort longtemps les instruments de l'infanterie. François I° va aussi créer la charge de "Fifre du Roi" pour les cérémonies et fêtes officielles.

Il a été très utilisé comme instrument militaire de François I° à Napoléon III, en passant par la garde de Napoléon et les cent-Suisses de la Restauration. Puis il a été remplacé dans l'armée par le clairon. Officiellement le fifre était déjà remplacé dans l'armée par le cornet, mais beaucoup de régiment l'utilisait encore. C'est assez flou, car le fifre n'était plus un instrument militaire, mais on trouve encore des tenues, des portes fifres dans les équipements. L'apparition du clairon a vraiment provoquer sa disparition, ce qui va entraîner son déclin dans les musiques civiles. Délaissé en France, ce qui est fort dommage, le fifre est par contre très pratiqué chez nos voisins suisses. Au Carnaval de Bâle, le nombre de groupes "fifres et tambours" qui sillonnent la ville est inimaginable ! Pour être juste, quelques coins de France restent fidèles au fifre, les Flandres ou le comté de Nice, par exemple.

A titre d'exemple nous avons retenu trois "sonneries" figurant dans l'Ordonnance des fifres et tambours de la Garde Impériale :

L'Assemblée,         Aux champs,         la Charge.


Le fifre n'était pas qu'un instrument de guerre, il participait et participe encore aussi aux fêtes. C'est dans ce rôle qu'il survit. Par exemple :

Laïssa la courre, air de défilé et Barbatoni, chanson traditionnelle du Pays Mentonnais, et une vidéo : Le fifre explication et exemples.






             Le fifre instrument rythmant la vie et le travail, un exemple :

Le fifre accompagne les vignerons suisses au travail
Le fifre dans les vignes


Autrefois, le travail des vignes communales de Chandolin se faisait au son du fifre et du tambour. Chaque famille devait fournir un homme. Le vin du repas était offert par la commune.








Le fifre est encore présent au Canada et aux USA dans les reconstitutions historiques qui y sont nombreuses. Mais il semble qu'un renouveau voit le jour en France car, par ci par là, des groupes de fifres et tambours se forment. Souvent pour des reconstitutions militaires, mais pas seulement. Ci-dessous un certains nombres de vidéos variées aussi bien comme style que comme provenance.