les ecussons de la BF de Lons le Saunier
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Notation musicale du tambour :


* Historique *

Les neumes :


En Europe, la notation musicale est apparue au VIIIème siècle. Elle était bien rudimentaire. Les neumes étaient des signes portés au dessus des syllabes et donnant des indication : monter, descendre, etc. Ce n'était donc qu'un aide-mémoire pour l'exécutant. La transmission des mélodies ne pouvait se faire qu'oralement. Ces neumes variaient un peu d'une région à l'autre.

La liturgie était très complexe : chaque jour était une fête, avec ses chants particuliers. On dit qu'il fallait une dizaine d'années pour connaître la totalité du "répertoire".

De plus, avec l'Empire Carolingien, on cherchait à uniformiser, la liturgie et ses chants n'échappaient pas à la règle. En 950 apparaît la portée et les notes. C'est un soulagement pour la mémoire des chanteurs et la mélodie est codifiée, mais pas le rythme. Il y avait bien des signes donnant des indications sur la durée des notes, mais ce n'était pas précis.

Tableau présentant les neumes

tableau représentant les neumes


Ce tableau a été mis en ligne sur un forum par une Grecque, ou du moins, habitant en Grèce. Nous ne pouvons la remercier, nous le regrettons.

On trouve un tableau des neumes, présenté d'une autre manière dans l'encycloédie Wikipédia.






Antiphonaire du 13ème siècle<br>On peut voir les neumes<br>au dessus des lignes
Antiphonaire du 13ème siècle
On peut voir les neumes
au dessus des lignes
Antiphonaire du 13ème siècle<br>On peut voir les neumes<br>au desus des lignes
Antiphonaire du 13ème siècle
semblable à celui de droite.




Ces reproductions proviennent de la base de données enluminure



Antiphonaire du 13ème siècle<br>
Evangile du 13ème siècle, Biblio Municipale
de Besançon
Antiphonaire du 13ème siècle<br>On peut voir les neumes<br>au desus des lignes
Bréviaire à l'usage de Besançon
14ème siècle, Biblio; Municipale Besançon.

Les manuscrits ci-contre proviennent de la BVMM, Bibliothèque virtuelle des manuscrits médièvaux.



Puis, peu à peu, on utilise la portée avec les notes, comme on peut le voir sur cet antiphonaire des années 1480, qui vient d'être restauré. Il se trouve à la Collégiale d'Estavayer le Lac, en Suisse. On peut noter qu'il n'y a que quatre lignes à la portée, on passera assez vite à 5 lignes.

Antiphonaire des environs de 1480 Estavayer le Lac.
Antiphonaire, environs de 1480,
Estavayer le Lac.


Le plain chant, donc le grégorien, utilise encore ce genre de notation. Ci-dessous la reproduction d'un antiphonaire des environs de 1860 et des explications sur la notation musicale, provenant du même ouvrage.


La notation musicale du grégorien

Antiphonaire des environs de 1860 Fête de Ste Cécile.

On a choisi la Fête de Sainte Cécile !
Explications sur la notation musicale du grégorien.
Explications sur la notation musicale du grégorien.

On peut résumer :

1) apparition des Neumes au IX° siècle,

2) les premiers systèmes de portées vers 950 à une ligne, puis deux, puis trois, avant que ne s'impose le système de Guy d'Arezzo au milieu du XI° siècle et qui restera une référence jusqu'au XVI°.

3) notation du rythme au XIII° siècle.


De ce qui précède, on peut saisir la difficulté qu'ont rencontrée les anciens musiciens pour noter le rythme, donc les percussions. La première partition de tambour connue en France date de 1588. Il s'agit d'un livre, sur la danse, publié à Langres par Thoinot Arbeau, anagramme de Jehan Tabourot. Outre une "méthode" de tambour ou une approche, on y trouve des tablatures du fifre et les partitions de certaines danses à la mode de l'époque. L'ensemble du livre est en ligne: 1) Présenté de façon moderne 2) soit photocopies des pages originales

Pour parler de ce livre, je laisse la parole à Monsieur Robert Goute dans la revue des "Tambours de 89" : La découverte de l'ouvrage de Jean TABOUROT(1588), dit Thoinot ARBEAU, fut un véritable enchantement. Le texte, complété d'exercices progressifs, basés sur l'écriture musicale universelle est à souligner, car cette écriture fut abandonnée par certains successeurs privilégiant l'enseignement oral à la précision mathématique de l'écriture musicale.

Jéhan TABOUROT, anagramme de Thoinot ARBEAU, né à Dijon le 17 mars 1520,devint chanoine de la cathédrale de Langres en 1547.Il meurt le 23 juillet 1595 et repose au cimetière de Saint-Mammes-de-Langres.

Son ouvrage "L'ORCHESOGRAPHIE _ MéTHODE & THéORIE" en forme de discours et tablature pour apprendre à danser et battre le tambour paru en 1588 est, à notre connaissance, la première méthode d'enseignement concernant la technique et le langage du tambour en France. Sa tablature concernant toutes les diversités des battements est d'une grande clarté.



Partition de tambour de 1588

Thoinot Arbeau, page de l'orchesographie<br>parution à Langres en 1588

Thoinot Arbeau, page de l'orchesographie
parution à Langres en 1588
partition de tambour

A la fin du chapitre on trouve un dessin, vantant la beauté des marches militaires. Mais à sa vue, on peut se poser des questions : On sait que certaines batteries sont très anciennes, on parle de Louis XIII. Mais transmises par oral, souvent sur une longue période, il doit y avoir peu de points communs avec l'originale. Quand on regarde le dessin, aucun tambour de nos jours joue de cette façon. Ce n'est pas une erreur du dessinateur car, sur de nombreuses gravures, on retrouve ce port du tambour. Ils devaient jouer d'une manière fort différente de la notre.


Thoinot Arbeau, page de l'orchesographie<br>parution à Langres en 1588
Thoinot Arbeau, page de l'orchesographie
tambour jouant



Sous le règne de Louis XIV, on connaît des partitions de tambours par le recueil de Philidor qui avait en charge la bibliothèque musicale royale. Il a, en particulier, noté des fanfares et des marches militaires composées, entre autres, par LULLY. On les utilisent encore souvent sous l'intitulé Airs Militaires Anciens. On trouve ces partitions dans la base Gallica qui donne accès à la Bibliothèque de Versailles. (Il y a aussi dans le même livret des marches de timbales et de trompettes à cheval, ainsi que des Appels et fanfares de trompes pour la chasse).


Partition de fifre et tambour, époque Louis XIV.

Une partition du recueil de Philidor

Une partition du recueil de Philidor:
Base Gallica, bibliothèque Versailles.


On retrouve ce genre de partition transcrite dans le dictionnaire de Jean Jacques Rousseau paru en 1767. L'écriture musicale est identique, mais l'imprimerie a fait des progrès et les partitions sont plus lisibles.

Une partition du dictionnaire de Jean Jacques Rousseau
Un court extrait du dictionnaire de Jean Jacques Rousseau
Une marche datant de Louis XIV.



Kastner, en 1848, dans son "Manuel Général de Musique Militaire à l'usage des armées Françaises", critique Rousseau qui n'a cité que la première partie de la marche, encore l'a-t-il complètement défigurée dans la 2° mesure. Dans ce même ouvrage, Kastner explique pourquoi beaucoup de batteries ont été perdues.


Extrait du livre de Kastener,<br> parlant de la perte des batteries
Extrait du livre de Kastner, de 1848.


Mais, de plus, certaines de ces batteries, très connues, n'étaient pas toujours officielles, composées par des tambours ne connaissant pas toujours la notation musicale. Elles se transmettaient par oral, en utilisant des onomatopées, beaucoup se sont perdues. On peut à ce sujet lire la page "secondaire" de ce site, sur la Batterie d'Austerlitz.


Les sonneries réglementaires se sont cependant, le plus souvent, conservées. On peut se reporter au livre de Kastner, déjà cité, livre en contenant un grand nombre depuis Louis XIII, (mais la notation des batteries de tambour commence sous Louis XIV avec Philidor, voir ci-dessus). A titre d'exemple, plus récent, nous donnons l'ordonnance de Fifres et Tambours de la Garde Impériale :


Partition fifre et tambour de la Garde Impériale

Extrait du livre de Kastener,<br> première page sur deux, de l'Ordonnance des Fifres et Tambours de la Garde Impériale.

Extrait du livre de Kastner, de 1848.


Les tambours utilisaient de onomatopées comme "fla", "ra", "fla ga da", on pouvait les chanter, de la même manière que des musiciens chantent les notes de leurs partitions. Ce mode de transmission était encore utilisé, il n'y a pas longtemps, dans l'armée française. Pour preuve ce carnet de musique d'un tambour de la musique de Garnison d'Alger à la fin des années 1950. On verra plus loin, succinctement, à quoi correspondent ces onomatopées.


Page d'un carnet de musicien de l'Armée de l'Air d'Alger vers 1958
Page d'un carnet de musicien de la Musique de Garnison d'Alger,
vers 1958.


De nos jours, nos amis belges, qui connaissent la musique aussi bien que nous, utilisent encore cette notation pour leurs marches de Carnaval, tradition oblige. On peut se reporter au site déjà mentionné des Tambours de Gilles, dont le haut de page ci-dessous est extraite.


Page d'un carnet des Tambours de Gilles
Page d'un carnet des tambours de Gilles.



* Les partitions aujourd'hui *



Dans les partitions, la couleur de la note donne la durée et sa position sur la portée indique la hauteur du son. Le tambour ne fournissant qu'une note, on a besoin que d'une seule ligne. Certains sont surpris quand on parle de durée d'une note au tambour, pourtant ils le comprennent très bien pour les autres instruments. Prenons le piano, par exemple, il est vrai que la couleur de la note indique la durée, mais c'est aussi le temps qui sépare deux frappes de touches. Pour le tambour, il en va de même, la couleur de la note indique le temps qui sépare deux frappes de la peau. Une partition de tambour se présente donc de la manière suivante :

Partition de tambour : écriture sur une seule ligne
Ecriture sur une seule ligne, les notes sont sur la ligne.


La position de la note sur la portée indique la hauteur du son, mais , avec certains instruments, il y a plusieurs manières d'obtenir la même note. Lorsque l'on souhaite préciser la manière de l'obtenir, on doit utiliser une notation spéciale adaptée à l'instrument en question : on parle alors de tablature. La tablature la plus connue est celle de la guitare. Pour le tambour le problème est simple, mais existe cependant. Il y a deux manières d'obtenir la note, en frappant de la main droite ou de la gauche. Plusieurs solutions sont proposées :

On indique, sous la note, la main à utiliser, soit avec un dessin cercle ou carré, soit en le précisant par une lettre, comme dans l'exemple ci-dessous (notation anglaise left, right) :

Partition de tambour : écriture sur une seule ligne<br>Une lettre sous la note indique la main à utiliser.
Ecriture sur une seule ligne, les notes sont sur la ligne.
Une lettre sous la note indique la main à utiliser.


La solution, souvent utilisée, consiste à noter la main gauche au dessus de la ligne et la main droite au dessous. Cette solution est simple, ne surcharge pas la partition qui reste très claire. En voici une exemple, avec un extrait, très court, de la fantaisie percutante de Robert Goute :

Partition de tambour : écriture sur une seule ligne<br>la main à utilisée est précisée par la position de la note <br> au-dessus ou au-dessous de la ligne.
Ecriture sur une seule ligne, les notes sont au-dessus ou au-dessous.
La position de la note indique la main à utiliser.

Tambour 1791,<br> régiment des Grenadiers<br> on voit la main gauche <br> au-dessus de la droite.
Tambour 1791,
régiment des Grenadiers
on voit la main gauche
au-dessus de la droite.

On pose parfois cette question : "pourquoi la main gauche au-dessus ?".

La réponse est simple, mais est-elle exacte ? On dit que les recrus, autrefois, avaient le plus souvent du mal à reconnaître leur gauche de leur droite. Comme, lorsque l'on joue du tambour, la main gauche est plus haute que la droite, voir reproduction ci-contre, on parlait de la main du dessus et de la main du dessous. J'ai encore entendu cette expression. Donc il était logique de mettre les notes jouées de la main gauche au-dessus de la ligne. C'est très logique.

Pourtant, dans d'autres pays, la notation est inversée, sont-ils moins logiques que nous ou le choix a-t-il été fait au hasard ? Cette question, souvent posée, est certes passionnante, mais il faut bien l'avouer sans grand intérêt pratique.


L'écriture abrégée :
(propre au tambour)



Les autres instrumentistes, lorsqu'ils regardent une partition de tambours sont désorientés par l'écriture abrégée, cependant c'est très simple. On peut d'abord se poser cette question : "pourquoi une écriture abrégée ?".


Lorsque le roulement est dit standard, il correspond à 8 coups, la noire étant à 120, sa durée est alors d'une demi seconde. C'est à dire qu'en une demi seconde le tambour frappe 8 fois la peau, et, en une minute, 960 fois. Si, toutes les notes sont indiquées en clair, la partition est toute noire et difficile à lire. Comparez, ci-dessous, les deux écritures d'une même partition.

Le garde à vous : écriture normale et abrégée.
Le garde à vous : écriture normale et abrégée.


Le code est simple :

Lorsqu'on barre une fois une ronde, une blanche ou une noire elle se transforme dans le nombre de croches correspondant à leur valeur.
Si on les barre deux fois, elles se transforment en doubles croches.
Si on les barre trois fois, elles se transforment en triples croches.
barrées quatre fois, elles se transforment en quadruples croches.

Une croche barrée une fois se transforme en 2 doubles croches, barrée deux fois en 4 triples croches et 3 fois en 8 quadruples croches.

La double croche barrée une fois se transforme en 2 triples croches, etc etc

Exemple d'écriture abrégée.
Exemple d'écriture abrégée


L'écriture abrégée ci-dessus présente un inconvénient, on ignore si cette série de notes doit être jouée en bâton rompu dit aussi roulement ou "papa maman" : deux coups de chaque main, ou en bâton rond dit aussi frisé : un seul coup de chaque main. Si c'est un coup de chaque main : on met un trémolo au-dessus de la note, comme dans l'exemple ci-dessous.

Trémolo au-dessus de la note, indiquant qu'il s'agit de frisé.
Le trémolo indique qu'il s'agit de frisé.



Les onomatopées



Ces sons ont été imaginés pour être facilement prononçables, mais ils n'ont rien d'officiel. Pourtant, on les retrouvent dans toutes les méthodes, on y étudie le fla, le ra de trois, le ra de 5 on trouve le flagada etc. Nous n'allons pas développer un cours, mais juste donner quelques définitions pour démystifier la chose.

Le Fla :

Un baguette vient toucher, effleurer la peau juste avant que l'autre ne frappe, on parle de coup "fantôme". Cela suffit à changer le son. Rolland PEYRé dit que cela fait "feuler" la peau. Le fla est noté par une toute petite note juste avant le coup fort, c'est la notation musicale de "l'appoggiature brève". On retrouve le fla précédé ou suivi de coup(s) simple(s), nombre de ces combinaisons ont aussi donné naissance à des onomatopées, en voici des exemples issues de la méthode de tambour de l'Académie Française du Tambour d'Ordonnance, écrite par Rolland PEYRé. Le fla, évidemment, peut s'attaquer soit d'une main soit de l'autre.
Exemple d'onomatopée à partir du fla.
Notation du fla et
Exemple d'onomatopée à partir du fla.


Un peu plus haut on disait que le nom des onomatopées pouvaient changer. Dans son cours "Le tambour d'ordonnance, Volume I" Robert GOUTE nomme le Fla pa ta, Fla ga da, ce qui semble plus traditionnel (?).

Le Ra de trois ou Tra :

Le Ra de trois emprunte sa notation musicale, dans les ornements au mordant. Deux petites notes précèdent la note principale. Ces deux petites notes sont deux coups piano ou mezzo-forte frappés avec un doigté redoublé ou roulement et serrés contre la note principale.

Qatre ra de trois, deux de la main droite et deux de la gauche.
Notation du fla et
Quatre ra de trois, deux de la main droite et deux de la gauche.
Un exercice de la Méthode de Rolland PEYRé.


Le Ra de cinq ou Ra :

Dans les ornements, il emprunte sa notation au Gruppetto. Quatre petites notes roulées et serrées précèdent la note "principale" appuyée.


Il existe des quantités d'autres mots désignant des séries de frappes variées, le ra de 9, le moulin, le volant, le coup anglais etc, etc Mais il faut savoir s'arrêter, ce que nous avons du mal à faire ! On a la crainte d'avoir été déjà trop long .... sorry.

























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Mise en ligne le 24/06/07, mise à jour le : 05/04/16